1. la musique avec le rap, le DJing et le beatbox
2. la danse
3. le graffiti
Ces modes d'expression artistique existaient séparément avant la création du mouvement hip hop, réunis dans les années 70, ils donnèrent naissance à un réel état d'esprit qui a ses propres codes : des valeurs, des attitudes, un style vestimentaire...
Issue des ghettos noirs de l'est des États-Unis, la culture hip hop incarne une force porteuse de valeurs, de préceptes moraux, notamment la non—violence et le respect. Dans les années 80, les principes de vie propres au mouvement hip hop trouvent un écho important dans les banlieues défavorisées de France. Le contexte dans lequel se développe cette culture de rue aux États-Unis est certes différent du contexte social en France, mais ce n'est pas un hasard si les jeunes vivant dans les banlieues populaires françaises, souvent nés en France de parents étrangers, sont séduits par les différentes disciplines de la culture hip hop. Ils se reconnaissent dans les revendications identitaires des hip hopers américains noirs.
Naissance de la culture hip hop aux États Unis
Née dans les années 70 au c½ur du Bronx avant de s'étendre à Brooklyn, au Queens, à Long Island et au reste des États-Unis, la culture hip hop a longtemps été le moyen d'expression d'une communauté minoritaire, tentant de proposer une alternative pacifique à la violence et au sentiment d'exclusion et de frustration qui dominaient alors dans ces quartiers.
Afrika Bambaataa, ex-membre du gang des Black Spades, assiste à l'agonie de son meilleur ami, assassiné au cours d'une bagarre entre quartiers. Prenant conscience de l'inutilité d'une telle violence, il décide de fonder avec des amis musiciens une « nation » pour lutter contre la misère et la violence. En 1974 il « institua » la culture hip hop à travers la « Universal Zulu Nation » avec pour slogan « Peace, love, unity and having fun ! Knowledge and Truth ! » (« Paix, amour, unité et disctraction ! Connaissance et vérité »). Afrika Bambaataa impose aussi vingt lois morales afin de transformer « l'énergie négative en énergie positive ».
Le but de cette nouvelle nation était de réunir les pratiques artistiques des jeunes du ghetto pour essayer d'en atténuer les carences de l'esprit ou celles matérielles. Beaucoup de jeunes noirs et latinos américains se retrouvent vite dans cette culture car elle fut d'une part constituée par un des leurs et d'autre part parce qu'ils la croisent et l'apprennent dans la rue, l'endroit où ils passent la plupart de leur temps. A cette époque déjà, la culture hip hop se montrait très homogène : les block parties, des fêtes qui avaient lieu au c½ur des quartiers, réunissaient des danseurs, des MC, des grapheurs et des DJ.
Naissance de la culture hip hop en France
En France, le hip-hop arrive par le son avec le début des premières radios libres, les tournées d'artistes comme Afrika Bambaataa et l'image avec des vidéos et des films mythiques comme Wild Style qui regroupent toutes les disciplines hip-hop dans une unité de sens et présente pour la première fois ces pratiques de rue comme un « art total ».
Dans les années 80, l'État français libéralise les radios. Radio 7, Carbonne 14 et Radio Nova diffusent toutes les nouveautés musicales : funk, afro-beat, soul , disco et, bien sur, hip hop. Dans le même temps, la radio Europe 1 et la FNAC organisent le « New York City rap Tour » qui a permis au public francilien de connaître Afrika Bambaataa et ses « zulu kings », les breakers du Rock Steady Crew, DJ DST, Futura 2000...
À cette époque, les pionniers du hip hop français tels que Dee Nasty, Lionel D, PCB, FrankIILouise, Aktuel Force, les futurs NTM et plein d'autres se retrouvaient au terrain vague de la Chapelle, dans le 18ème arrondissement de Paris essayant de faire émerger cette nouvelle culture. Le Trocadéro et Les Halles deviennent des lieux des rendez vous incontournables pour les B-Boys (danseurs qui pratiquent le breakdance).
L'année 1984 marque un point important dans l'histoire du hip hop français avec l'émission de télé culte, animée par Sydney, « H.I.P.H.O.P. ». La France entière découvre les disciplines de cette jeune culture. Cette nouvelle force esthétique-éthique s'inscrit complètement dans la modernité des préoccupations et des modes de vie, elle transporte très vite une génération populaire « black-blanc-beur » qui émerge sur la scène sociale, politique et bientôt artistique.
La culture hip hop est aujourd'hui sortie des quartiers pauvres et concerne l'ensemble de la jeunesse. De plus en plus pratiquée par le grand public, elle subit des transformations esthétiques. Son extension sociale est une réalité, les pratiquants proviennent aujourd'hui pour une part de la classe moyenne et aisée, alors qu'au début le hip hop était pratiqué par beaucoup de jeunes issus de familles défavorisées.
